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"Un autre regard sur les savoir-faire et terroirs de France"

Lancé en 2017, THE FRENCHIP est un média qui vise à valoriser les savoir-faire et terroirs de France en mettant l'accent sur la beauté des photographies et le goût pour les belles histoires, car derrière chaque artisan, paysan, créateur, se cachent des gens passionnés et passionnants qui mettent tous leurs efforts au service du rayonnement de leur métier, de leur patrimoine régional et par dessus tout de la France. En savoir plus

 

© 2017 THE FRENCHIP 

Nicolas Salagnac, artisan médailleur

13/12/2017

Découvrez le métier d'art de ce graveur et médailleur, qui donne vie par son geste aux récits de notre époque.

 

 

Il est des métiers qui ne connaissent pas l'empreinte d'une époque. Des métiers dont l'origine se confond avec celle des temps. En cela, Nicolas Salagnac s'inscrit dans une discipline qui tire ses techniques dans la plus lointaine histoire des Hommes. La gravure de médaille partage ses origines avec la monnaie qui selon l'historien Hérodote remonte à Phidon, roi d'Argos qui vécut dans la première moitié du VIIème siècle avant notre ère et à qui l'on doit probablement la standardisation des poids et des mesures. 

 

 

Difficile de faire mieux pour décrire cet art de médailleur, que Frédéric Mercey, peintre et chroniqueur d'art qui en 1852 écrivait:"Sous le rapport de l’exactitude historique, et comme monuments destinés à perpétuer le souvenir des actions des princes et des personnages célèbres, les médailles, nous le savons, n’ont ni l’incorruptibilité ni l’impassibilité de l’histoire, dont trop souvent au contraire elles ne semblent résumer que les passions enthousiastes et les colères..."

 

 

 

Nicolas Salagnac est installé à Lyon où fut frappé au début du 16ème siècle, l'une des premières médailles françaises. Ce petit fils d'artisan ébéniste voulait faire comme son grand-père, travailler de ses mains. C'est à l'Ecole Boulle qu'il apprend les gestes du graveur au côté de son maître Pierre Mignot. Après environ 10 ans passés chez un "patron", il se lance à son compte. En 2000, il postule au concours des Meilleurs Ouvriers de France dont il décroche le titre grâce notamment à la gravure d'une médaille d’après un dessin d’Elisabeth Vigée Lebrun, peintre de Marie Antoinette. Depuis, il collectionne les distinctions et les reconnaissances de ses pairs mais c'est dans son atelier de Villeurbanne qu'il tire en réalité tous ses mérites...et ses médailles.

 

 

Le métier de Nicolas Salagnac est éminemment complexe. Il faut de très nombreuses heures pour façonner une médaille. Il faut d'abord réaliser un modèle à l'échelle 3, puis graver en creux la matrice qui elle-même, servira de moule pour l'oeuvre finale. Sur son établi, les outils du graveur: marteaux, (burins plat, méplat, rond), onglettes (ciselets, mat, brillant, traçoirs, perloirs, bouterolles), rifloirs, échoppes… Ces outils sont rares car ils sont pour la plupart fabriqués à la main à partir d’une barre d’acier. Il y aussi un microscope qui permet de travailler les détails.

 

 

 

 

 

Avec les années, Nicolas Salagnac a fait sa réputation sur les médailles officielles commandées par les institutions et les grands corps de l'Etat: Sénat, Présidence de la République, Villa Médicis ou plus récemment une médaille commémorant les 100 ans des As de la chasse française. 

 

 

Dans la tradition de ses prédécesseurs, Nicolas Salagnac grave, non pas dans le marbre mais dans le métal, l'histoire des Hommes avec les techniques tradionnelles, mais n'oublie jamais d'innover. Il nous dit: "Depuis la nuit des temps, l’Homme a toujours cherché à laisser des traces de son passage… La gravure est un moyen pérenne pour marquer l’histoire avec des monnaies, des médailles. Dans ce temps long, forcement l’art de la médaille a donc beaucoup évolué".

 

 

Nicolas Salagnac est un fervent défenseur de son métier qu'il dit en danger de standardisation, mais plus largement, de tous les métiers d'art et des savoir-faire d'excellence. Membre des Grands Ateliers de France, il n'hésite pas à mettre son col de MOF pour transmettre aux plus jeunes ses techniques et alerter sur la raréfaction des graveurs face aux graphistes numériques qui, en quelques coups de souris, réalisent des médailles à des prix bien plus bas. La qualité s'en ressent mais c'est surtout l'émotion qui disparaît. Car rien ne remplace le geste de l'Homme pour traduire ces toutes petites choses qui font qu'une médaille vit; le mouvement d'un étendard, le drapé d'une étoffe, le galbe d'un corps. Chaque médaille est une véritable oeuvre d'art où la technique s'efface pour laisser toute sa place à la création.

 

 

 

Nicolas Salagnac est sans aucun doute l'un des plus fidèles représentants de l'artisanat d'art français d'aujourd'hui, mais c'est pour lui plus une mission qu'une gloire. Il veut faire partager, faire connaitre, promouvoir son métier et aller de l'avant. Il nous invite à regarder l'avenir avec bienveillance et ne surtout pas s'enfermer dans le passé. Comme le disait avec vision Frédéric Mercey: "La période où nous entrons s’annonce comme éminemment favorable aux progrès de l’art ; espérons que les artistes sauront profiter du calme qui leur est rendu, en s’attachant à célébrer la France telle que nos pères l’ont vue, grande par l’intelligence, par les arts et par la paix..."

 

Découvrez le travail de Nicolas Salagnac sur Facebook et sur Instagram

Atelier Nicolas Salagnac

www.nicolas-salagnac.com

Crédit photos: @Matthieu Cellard & Nicolas Salagnac

 

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